305 € n’est pas une plus-value
Le seuil s’apprécie sur la somme annuelle des prix de cession entrant dans le champ, pas sur le gain net.
FISCALITÉ CRYPTO · 2026
Pour un particulier français, les plus-values imposables sur crypto-actifs sont soumises en 2026 à un PFU de 31,4 %, soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, sauf option pour le barème progressif. Le seuil de 305 € concerne le total annuel des prix de cession, pas le montant des gains. Les cessions sont détaillées dans le formulaire 2086, puis le résultat est reporté dans la déclaration principale.
La simple détention n’est pas taxable. L’événement fiscal apparaît lors de certaines cessions à titre onéreux.
| Opération | Imposition immédiate | Déclaration | Règle |
|---|---|---|---|
| Achat avec euros | Non | Historique à conserver. | L’achat alimente le prix total d’acquisition du portefeuille. |
| Détention sans vente | Non | Aucune plus-value à déclarer du seul fait de la hausse. | La plus-value latente n’est pas taxée. |
| Crypto → crypto sans soulte | Sursis | Historique à conserver. | Pas de taxation immédiate dans le régime des particuliers. |
| Vente contre euros | Oui | Annexe 2086 si cession imposable. | Calcul de la plus ou moins-value selon la formule du portefeuille. |
| Paiement d’un bien/service | Oui | Annexe 2086 si cession imposable. | L’utilisation d’une crypto comme moyen de paiement constitue une cession. |
| Cessions annuelles ≤ 305 € | Exonération | Seuil à apprécier sur le total des prix de cession concernés. | Le seuil ne correspond pas au montant de la plus-value. |
Point clé : 305 € de seuil ne signifie pas 305 € de gain exonéré ; il s’agit du total annuel des prix de cession concernés.
Tester une cessionLe calcul reproduit la formule générale du régime des particuliers à partir du prix de cession, du coût total d’acquisition et de la valeur globale du portefeuille.
Formule simplifiée à partir des trois données saisies. Le calcul fiscal réel doit intégrer toutes les cessions de l’année et les règles exactes du formulaire 2086.
Trois obligations différentes peuvent se cumuler : détailler les cessions, reporter le résultat annuel et déclarer certains comptes étrangers.
| Document / case | Utilité | Quand l’utiliser | Donnée principale |
|---|---|---|---|
| Formulaire 2086 | Détailler les cessions imposables. | Lorsqu’il existe des opérations entrant dans le champ du calcul annuel. | Prix de cession, coût global, valeur du portefeuille. |
| Case 3AN | Reporter la plus-value annuelle. | Résultat annuel positif. | Montant net des cessions imposables de l’année. |
| Case 3BN | Reporter la moins-value annuelle. | Résultat annuel négatif. | Moins-value imputable seulement sur l’année. |
| 3916-3916 bis | Déclarer certains comptes d’actifs numériques étrangers. | Un formulaire par compte entrant dans le champ déclaratif. | Prestataire, adresse, numéro ou référence de compte, dates d’ouverture/fermeture. |
Le compte étranger est une obligation distincte : il peut devoir être déclaré même si aucune plus-value taxable n’a été réalisée.
Déclaration d’un compte étrangerIls concernent le seuil de 305 €, la valeur globale du portefeuille et les comptes étrangers.
Le seuil s’apprécie sur la somme annuelle des prix de cession entrant dans le champ, pas sur le gain net.
La formule française utilise le prix total d’acquisition et la valeur globale du portefeuille, pas seulement le coût de la crypto vendue.
La déclaration 3916-3916 bis vise certains comptes chez des prestataires étrangers ; un wallet dont vous détenez les clés n’est pas le même objet déclaratif.
Réponses détaillées fondées sur impots.gouv.fr, le CGI et les formulaires fiscaux officiels.
Pour un particulier qui gère son patrimoine privé, les plus-values imposables sur actifs numériques sont soumises en 2026 au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Une option pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu est possible. La taxation ne porte pas sur le montant total vendu mais sur la plus-value calculée selon la formule prévue par l’article 150 VH bis du Code général des impôts.
La formule du régime des particuliers calcule la plus-value brute d’une cession à partir du prix de cession, du prix total d’acquisition de l’ensemble du portefeuille et de la valeur globale du portefeuille au moment de la cession. De manière simplifiée : plus-value = prix de cession – [prix total d’acquisition × prix de cession / valeur globale du portefeuille]. Cette méthode nécessite donc de connaître la valeur totale de toutes les cryptos et actifs numériques concernés au moment de chaque cession imposable.
Non. Le seuil de 305 € porte sur la somme annuelle des prix de cession imposables, et non sur le montant de la plus-value. Si les cessions entrant dans le champ fiscal restent sous ou à ce seuil sur l’année, l’exonération peut s’appliquer. Si le total dépasse 305 €, la plus-value doit être calculée selon les règles ordinaires. Vendre pour 400 € avec seulement 20 € de gain signifie donc que le seuil de 305 € de cessions est dépassé.
Un échange de crypto-actifs contre d’autres crypto-actifs sans soulte bénéficie d’un sursis d’imposition dans le régime des particuliers. L’opération ne déclenche donc pas immédiatement la taxation d’une plus-value. En revanche, il faut conserver la trace de l’échange car la composition et la valeur du portefeuille servent au calcul lors d’une future cession imposable. Si une soulte en monnaie ou un élément extérieur est versé, le traitement fiscal peut être différent.
Oui. Utiliser des crypto-actifs pour payer un bien ou un service constitue une cession à titre onéreux. Il faut donc calculer la plus ou moins-value correspondante comme pour une vente contre euros, à partir de la valeur du bien ou service reçu et de la valeur globale du portefeuille au moment de l’opération. Payer directement avec du Bitcoin n’est donc pas fiscalement équivalent à un simple échange crypto contre crypto bénéficiant du sursis.
L’annexe 2086 sert à détailler les cessions imposables d’actifs numériques réalisées par un particulier. Pour chaque opération, il faut notamment disposer du prix de cession, du prix total d’acquisition du portefeuille et de la valeur globale du portefeuille au moment de la cession. Le formulaire calcule les plus ou moins-values unitaires puis le résultat annuel. Le total est ensuite reporté dans la déclaration principale, notamment en case 3AN pour une plus-value ou 3BN pour une moins-value.
Non dans le régime des particuliers de l’article 150 VH bis. Une moins-value réalisée sur les cessions d’actifs numériques peut s’imputer sur les plus-values de même nature réalisées au cours de la même année, mais l’excédent de moins-value n’est pas reportable sur les années suivantes. Cela distingue ce régime de certains autres placements financiers. Il est donc utile de consolider toutes les cessions de l’année avant de finaliser la déclaration.
Oui lorsque le compte entre dans le champ de l’obligation déclarative. L’obligation de déclarer un compte d’actifs numériques détenu auprès d’un prestataire établi à l’étranger est distincte de l’imposition d’une plus-value. Vous pouvez donc devoir remplir le formulaire 3916-3916 bis même si vous n’avez réalisé aucune vente taxable. Il faut vérifier l’entité juridique qui tient le compte et son pays d’établissement, car une marque commerciale peut utiliser plusieurs entités.
Un wallet personnel dont vous détenez vous-même les clés privées n’est pas un compte ouvert, détenu ou clos auprès d’un prestataire étranger. Il n’entre donc pas, en tant que tel, dans la déclaration des comptes d’actifs numériques étrangers. En revanche, le fait de transférer des crypto-actifs vers un hardware wallet ne supprime pas les obligations fiscales sur les cessions imposables. Il faut continuer à conserver l’historique de coût et la valeur des actifs du portefeuille.
Pas nécessairement. Les récompenses issues du staking peuvent relever d’un traitement différent selon la nature exacte de l’opération, les conditions de perception et l’activité du contribuable. Le régime de l’article 150 VH bis concerne principalement les plus-values de cession d’actifs numériques détenus dans le patrimoine privé. Il est donc prudent de distinguer les revenus ou récompenses reçus de la plus-value calculée lors d’une cession ultérieure et de conserver les justificatifs de leur valeur à réception.
Oui. Le régime forfaitaire des particuliers n’est pas destiné à une activité exercée dans des conditions analogues à celles d’un professionnel. Selon la nature et l’organisation de l’activité, les gains peuvent relever de catégories professionnelles différentes, notamment des bénéfices non commerciaux dans certaines situations. Le nombre d’opérations ne suffit pas toujours à lui seul pour conclure : l’administration examine les conditions réelles d’exercice, les moyens utilisés et la nature de l’activité.
La fiscalité des plus-values répond à la question : avez-vous réalisé une cession imposable et quel est le gain taxable ? La déclaration d’un compte étranger répond à une autre question : détenez-vous un compte d’actifs numériques auprès d’un prestataire situé hors de France ? Les deux obligations peuvent donc exister indépendamment. Un contribuable peut avoir zéro plus-value taxable mais devoir déclarer un compte étranger, ou avoir une plus-value imposable avec un compte tenu en France.
AVANT LA PROCHAINE CESSION
Le formulaire 2086 devient beaucoup plus simple si les achats, échanges, transferts et valeurs du portefeuille ont été archivés au fil de l’eau.